Récit du père Amile de Gloti

l

a grande révolte de l’an 640 de la première ère entre les provinces du sud et le centre de l’Empire fut la plus sévère blessure que l’Empire ait subie. Lae résultat de ces évènements vu la naissance de trois royaumes indépendants. Ce que beaucoup de gens ignorent, c’est que cette blessure failli être fatale. À l’époque, alors que la révolte battait son plein attisée par le fougueux Walef le Juste, l’Empereur Gar et ses plus fidèles sujets essayaient de s’assurer que l’héritage des provinces du sud ne tombe pas entre les mains des insurgés.

 

N’ayant plus le temps, ni les ressources nécessaires, pour rapatrier ses biens, l’Empereur donna ordre au trésorier de la province d’Andore de dissimuler ses richesses le temps du conflit. Amadesse Bouchack, fidèle parmi les fidèles, s’exécuta. En quelques jours, il avait rassemblé l’essentiel de la fortune que détenaient les coffres de la trésorerie des provinces du sud. Impôts, bijoux, titres, lingots et objets magiques, il parti aussitôt pour la région de Grands Fleuves, énorme territoire vierge où la nature domine et où le conflit avait peu de chance de s’étendre. Mais la révolte faisait rage et de violents affrontements avaient lieu entre les gens de Cartalogne, sympathisants de Walef, et ceux de Tarpignan, restés fidèles à l’Empire.

 

Ces affrontements obligèrent Amadesse et ses hommes à longer encore plus à l’est pour atteindre la région de Grands Fleuves. Ils cherchèrent à plusieurs reprises à traverser le fleuve Pamoise, mais sans succès. Après avoir traversé Beaux sur Sarthe et l’actuel Severac, ils faillirent bien perdre leur précieux chargement sur les terres de Volonne, où ils furent pris à parti par un groupe de villageois cherchant vivres et montures pour fuir la région. Devant l’hostilité des villageois, ils n’eurent pas d’autres choix que de les éliminer. Amadesse Bouchack fut sérieusement blessé dans cet accrochage et perdit quatre des ses compagnons. Leur périple vers la région de Grands Fleuves tirait à sa fin, n’ayant plus les hommes et la force nécessaire pour continuer. Ils coupèrent à travers les marais de Souvre jusqu’à épuisement et enfouirent l’«héritage». Seul quatre hommes ont vu de leurs yeux où ont été enterrées les richesses de la trésorerie des provinces du sud. Amadesse Bouchack le trésorier, Gulino Bacci un intendant, Torces de Vièvre un maître d’arme et Guther Dubec un noble de la cour.

 

Amadesse Bouchack mourut après que sa mission fut accomplie et fut enterré sur place dans le marais. Guther Dubec pris en charge de rédiger la missive pour l’Empereur avec la localisation du trésor et d’y joindre la liste détaillée de son contenu, qui avait été rédigé quant à elle par le défunt trésorier. Ensuite, la décision de rejoindre Bridier pour remettre la précieuse missive en main propre, fut prise. L’intendant Gulino et Guther Dubec entreprirent le long voyage, alors que Torces de Vièvre allait rejoindre les troupes restées fidèles à l’Empereur qui étaient massées à Tézier, il y mourra d’ailleurs quelques semaines plus tard dans le «carnage de Tez». Quant à nos deux hommes et leur précieuse missive, ils ne se rendront pas plus loin que Bessacin, où je les ai trouvé en bien mauvais état. Voici le récit que j’ai recueilli auprès d’eux durant la période où j’ai tenté de les soigner, mais en vain. Par respect pour ces hommes et avant que la vieillesse m’emporte, j’ai rédigé leurs mémoires et joint le récit à leur missive. Cela fait maintenant 21 ans qu’ils se sont éteints. Le destin se chargera de faire suite à tout ceci, s’il doit en être ainsi. La vie est ainsi et nous ne faisons que la traverser.

 

Père Amile de Gloti,

Abaye de Bessacin, Hiver 663.

 

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Section mise à jour le 11 octobre 2008