Bataille de Ranvier

 

L’hiver 1007 au sein du royaume d’Arganne fut rude pour la population. Suite à la Grande Inondation de Noïsehoc, la population tente toujours de reconstruire le royaume. Une grande partie de celle-ci s’étant retrouvée du jour au lendemain en bord de mer, elle due s’adapter au nouveau climat.

 

Parallèlement, la classe dirigeante du royaume tente elle aussi de reconstruire et de réinstaurer les anciennes institutions du temps du Roi Léautaud pour un retour à la prospérité d’antan. On fortifie Pamoisard. On établit les contacts entre les différentes guildes de l’Arganne. Toute la noblesse met la main à la pâte. Cependant, une ombre plane sur le royaume d’Arganne. Durand l’été 1006, Rrha Ktah Race de la guilde des Vand’hal devient le nouveau seigneur de Reikwald, province impériale voisine de l’Arganne. Dès son arrivée à la tête de la province, le nouveau seigneur signifia son intention d’envahir l’Arganne pour en faire de nouveau une province impériale. Par contre, rien n’indique qu’une invasion est imminente. Le Régent d’Arganne en conclu donc qu’il s’agit de paroles en l’air. Cette menace se concrétisera durant l’hiver.

 

 

 

C’est par une froide journée de février qu’un messager se présente chez le tout nouveau régent d’Arganne, Todhoughen de Sayornis. Il apporte avec lui une bien mauvaise nouvelle. Il semblerait que le Seigneur Race ait rassemblé une immense armée sur le domaine de Xumena ; domaine se trouvant aux portes du royaume. De plus, comble de l’outrage, il fait construire un tout nouveau port impérial sur le domaine de Ranvier, à quelques lieus du port de Pamoisard. Face à cette évidente menace, le régent ne fait ni une ni deux et contacte le royaume en entier. En résulte un grand rassemblement des personnages influents du royaume, sur le domaine d’Iliaca, dans la belle ville de Pamoisard. S’amorce alors de longues et intenses discussions à propos des actions à prendre pour protéger le royaume. Se retrouvent à ces délibérations, les représentants de la Guilde de La Chimère, les représentants de la Guilde des Lames Gueules, les représentants de la Guilde des Mages de Diedne, les Bâtards de Pamoisard, la noblesse du royaume et les Grandes Prêtresses du dieu Noïsehoc. À l’ordre du jour : que fait-on pour éradiquer la menace ? Les options sont nombreuses. On peut décider de défendre le pays. Mais où le seigneur Race frappera-t-il ? On peut décider de régler tout ceci par la diplomatie. Par contre, si on se fit à la devise des Vand’hal « Ne jamais tourner le dos aux Vand’hal », comment peut-on être certain que les termes seront respectés ? S’impose maintenant un seule solution une frappe préventive.

 

Il ne restait maintenant qu’à déterminer la tactique à employer afin d'en arriver à une attaque efficace. Deux chose étaient à considérer: l'armée seigneuriale de Reikwald et le port de Ranvier. La priorité alla à la destruction de l'armée de Reikwald, afin d'avoir le champ libre pour l'attaque du port. Comme l'armée se trouvait sur la terre déserte de Xumena, les prêtresses de Noîsehoc offrirent d'utiliser le pouvoir de la divinité et de couler le domaine en entier. Cette idée fut longuement débattue et on en vint à la conclusion que c'était la seule option possible. L'armée de Reikwald connaîtrait le sort atroce d'être engloutie dans les eaux… Il fallait maintenant trouver une façon d'envahir le port de Ranvier. Il leur fallu établir un plan pour déplacer les troupes éparpillées un peu partout sur le territoire argannais. Il se trouvait que les Lames Gueules possédaient une flotte de 6 flobarts, capables de récupérer les milices éparses en un seul groupe. Cette nouvelle fut accueillie avec joie par les gens présent. Le problème qui se posa ensuite fut de taille. Où trouve-t-on des généraux et leurs bannières? Il s'avéra qu'il y avait l'armée d'Arganne sous les ordres de La Chimère, dans le port de Pamoisard, ainsi que l'armé des Lames Gueules se trouvant déjà sur le Mollusque, flobart du capitaine Drano. Il ne restait plus qu'à engager quelques troupes pour renfler les forces.

 

 

 

 

C’est donc ainsi que, par une douce journée de cet hiver de l’an 1007, les six flobarts battants pavillons Lames Gueules prirent le large afin de rassembler toutes les troupes en deux armées capables de prendre le port de Ranvier. Parallèlement, quelque chose se trame au fond des mers, non loin des côtes argannaises. Quelque chose de mystérieux, de mystique, ayant pour aboutissement l’engloutissement du domaine de Xumena. Lorsque les flobarts, après avoir fait le tour des côtes d’Arganne, se présentent à Pamoisard, on y voit embarqué un groupe étrange de soldats. Je ne saurais vous décrire leur…état. Ils avaient les yeux…ma foi…rouge et légèrement vitreux. Ils sentaient une odeur à nulle autre pareille. Leur regard se portait sur le vide et ne semblait dissimuler aucunes émotions. On dit que ces hommes engagés, prenaient d’étranges substances les rendant inépuisables sur un champ de bataille. Ils combattraient avec fougue et rage, tant que les effets dureraient. On appelle cette substance hautement prohibée : le sépium.

 

Les flobarts quittèrent donc Pamoisard avec à leur bord une grande armée. Après quelques jours, les rivages de Ranvier furent en vue. Avant d’accoster, l’attente fut longue. Les hommes de guerre se devaient d’attendre…pour le moment. C’est alors qu’un élément survint. Quelque chose d’étrange. La mer se fit houleuse. Des vagues comme on en voyait peu au bord des côtes déferlaient. Ces vagues semblaient prêtes à engloutir la terre, à la submerger. C’est d’ailleurs ce qu’elles firent puisque Noïsehoc venaient d’engloutir tout un domaine. L’armée seigneuriale de Reikwald fut engloutie par les eaux. Certains diront qu’à ce moment, on entendit une longue plainte, comme tant de veuves pleurant leur mari perdu. Pour ma part, je n’entendis rien de tout cela. Peut-être s'agissait-il de propagande du parti adverse? Ainsi donc commença la bataille de Ranvier.

 

Enfin, les hommes impatients, sagement assis dans leurs navires, allaient pouvoir sortir. Les deux armées débarquèrent, côte à côte tels deux taureaux fonçant dans la bataille. Ils coururent jusqu’au pied de l’imprenable Tourelle de Ranvier. Les y attendait les défenseurs de la tourelle. Suite à l’engloutissement du domaine de Xumena, les soldats protégeant Ranvier étaient dans un état second. Bien sûr, ils savaient que quelque chose de terrible venait d’arriver, mais quoi ? Maintenant qu’ils voyaient arriver les deux armées argannaises, ils comprirent… Le siège débuta. De part et d’autre, des hommes tombaient. Bien qu’ils soient en nombre grandement inférieurs, les défenseurs tenaient bon face aux attaquants. Il faut dire qu’avec la tourelle, ils étaient très bien protégés. Le siège dura donc ainsi quelques jours, sans que rien ne bouge. C’est au quatrième jour qu’entrèrent en actions ces hommes étranges. Ces hommes au regard voilé. Ces hommes pour qui la peur était étrangère. Ces homme bourrés au sépium. Tel une bande d’enragés, ils foncèrent droit sur l’immense porte, jugée jusqu’à maintenant imprenable. Prenant un immense tronc d'arbre pour bélier, ils entreprirent d’enfoncer la porte. Malgré leurs pertes, les hommes restaient insensibles et continuaient d’enfoncer la porte avec leur rage guerrière. Le reste des soldats argannais semblèrent soudainement tous s’arrêter pour observer ses hommes étranges. Après ce qui ne fut sans doute qu’un bref moment, ils se remirent à la tâche. Bien vite, les défenseurs furent submergés. Ils devaient à la fois protéger les portes et les remparts. S’en fut trop…la porte défonça. La force d’Arganne avait réussi à prendre la tourelle. Les hommes se ruèrent à l’intérieur pour éliminer ce qu’il restait d’ennemis. Ainsi débuta l’occupation du domaine de Ranvier et par le fait même, l’occupation du port.

 

L'hiver cédait tranquillement sa place au printemps. L'occupation militaire allait bon train. Il y avait beaucoup de choses à faire pour structurer l'occupation. La première des choses fut de rassurer la population et de leur expliquer que l'armée maintenant en place ne leur voulait aucun mal. Ensuite, il fallu escorter les prêtres et prêtresses de l'Althing en dehors de la ville. Ils purent ainsi se rendre sur une autre terre sensible à leur religion. Les fortifications furent réparées et la stratégie d'occupation fut établie. Puis, le moi de mars arriva. Plusieurs hommes présents pour défendre auraient bien aimé se trouver dans leur ville de Pamoisard, afin de participer à la fête du Galion. Ils savaient par contre, que leur présence dans ce lieu était ce qu'ils pouvaient faire de mieux pour leur patrie.

 

 

 

Un jour que le soleil s'évertuait à faire fondre la neige et à réveiller la nature endormie, on vit au loin, un immense nuage de poussière. Les plus expérimentés comprirent tout de suite qu'il s'agissait d'une armée en marche. Cependant, nul ne savait si cette armée était hostile ou alliée. On se prépara donc au pire…ou au mieux. Après quelques temps d'une attente dans un silence anxieux, on vit un messager portant étendard d'Arganne s'approcher des portes. La nouvelle fut accueillie avec forts cris de joie. On le fit entrer pour apprendre que des renforts arrivaient afin d'assurer une meilleure défense. Les quelques jours qui suivirent servirent à installer tout le monde et à établir une nouvelle stratégie. On décida qu'une grande partie des troupes resterait dans la tourelle pour la défendre et que l'armée des Lames Gueules serait cantonnée non loin pour pratiquer une défense mobile. Quant à l'armée d'Arganne, il fut convenu qu'elle irait attaquer le domaine d'Etonis, ou se trouvait un autre temple de l'Althing. Ceci afin de se prémunir des attaques pouvant venir de ce temple. L'armée fit donc ces préparatifs. Survint alors un événement bien étrange. Alors que le soleil réchauffait le continent de plus en plus, vint une soudaine vague de froid. Les gens se barricadèrent dans leurs chaumières. Les animaux furent rentrés dans leurs étables. C'est à ce moment qu'un garde un peu plus attentif que les autres vit quelque chose briller à l'horizon, au large des côtes. Tous se précipitèrent pour voir quel phénomène se déroulait sous leurs yeux. On vit alors quelque chose rampant sur les eaux. Quelque chose de brillant filant à toute allure et se dirigeant vers Ranvier. Mais, ce furent les marins se trouvant sur les navires qui eurent la surprise en premier. À leur grande surprise, la mer se couvrait de glace. Une épaisse couche de glace qui figeait tout se trouvant à des lieus à la ronde. L'Althing avait frappé… L'armée d'Arganne devait rester ici et défendre. Comme les navires devinrent inutilisables, les capitaines et leurs marins vinrent gonfler les rangs des combattants. Avec le temps, les gens s'habituèrent à la présence de la glace. Ceci devint même utile pour préserver les aliments. Le 16e d'Arganne avait même créé une nouvelle boisson: Le Ranvier Libre!

Le printemps cédait tranquillement sa place à l’été. Cependant, même si on se trouvait dans la période la plus chaude de l’année, le fond de l’air restait frais. Les nuits étaient même froides. Certaines furent si froides qu’il fallut allumer les foyers pour se tenir au chaud. Cette fraîcheur venait de la glace recouvrant la mer. C’est par une de ces nuits qu’on décida d’envoyer l’armée d’Arganne à Zoleth, question de faire diversion. L’armée partit donc le matin suivant. Ce n’est que quelques jours plus tard qu’arrivèrent les différents éclaireurs partis épier les mouvements de l’ennemi. Les nouvelles étaient mauvaises. Au nord, on avait vu l’armée de la guilde des Von Shlaffenmark se déployer. À l’ouest, l’armée de Reikswart ainsi que l’armée de la guilde de la Kabbale se déployaient. Au sud-ouest, c’est l’armée du Duc Glarafel du Saint Ordre du Poing de Fer qui se massait. Bien sûr, nous étions très bien protégé à l’ombre des murs de la tourelle de Ranvier…mais pour combien de temps. Ce qui précéda l’arrivé de ces armées fut bien plus dévastateur pour le moral des troupes. À Ranvier, on appela ce qui suivit : Les Trois Plaies. Tout ceci commença par une journée calme, une journée comme toutes les autres. Alors qu’ils étaient affairés aux travaux quotidiens, plusieurs soldats commencèrent à ressentir certains maux « indescriptibles » selon eux. Tout au long de la journée, bien qu’ils aient été mis au repos, ces maux s’intensifièrent. Ils atteignirent leur paroxysme en fin de journée. Ces hommes moururent alors dans d’atroces souffrances à la tombé de la nuit. Personne ne pu déceler la raison des ces morts soudaines. Le lendemain, les gens se remirent au travail. On s’affaira à enterrer les morts. Cependant, comme la veille, plusieurs hommes ressentirent eux aussi des douleurs. Les généraux craignaient le pire. Ainsi se répéta le même scénario que la veille. Ce fut la deuxième plaie. Le lendemain, on enterra encore les morts dans un silence craintif. Chacun avait peur de cette nouvelle menace qui advenait sans crier gare. Cependant, la journée se passa sans que rien de tel ne se produise. L’espoir commença à renaître. C’est au soir de cette troisième journée qu’arriva la troisième plaie. Alors que l’astre du jour cédait tranquillement sa place à l’astre de la nuit, les sentinelles surveillant l’ouest aperçurent quelque chose d’étrange. Au loin, ils virent un immense nuage noir. Ce nuage à l’allure anormal avançait à très grande vitesse et semblait se diriger directement sur Ranvier, plus particulièrement sur la tourelle. Après un moment de consternation, l’alarme fut sonnée. Partout, l’armée se préparait au pire. Quelle était cette nouvelle menace ? En quelques instants, le nuage fut sur eux. Ils purent enfin voir le visage de cette nouvelle malédiction ; une volée de harpies… Seul Tératos, ce dieu infâme, détenait un tel pouvoir. Les assiégeants surent alors que leurs ennemis étaient beaucoup plus nombreux qu’ils ne l’auraient imaginé. Ces harpies, mi-femme mi-oiseaux laides et acariâtres, foncèrent droit sur les remparts et s’attaquèrent aux soldats y montant la garde. Violente et sanglante, cette attaque était effroyable. Des hommes se faisait littéralement déchiqueter. On les combattit tant bien que mal jusqu’à ce qu’elles finissent par partir ou être éliminées. Ce n’est que le lendemain que l’on constata le massacre qu’avaient perpétrées ces hideuses créatures. On enterra les morts puis on brûla les corps des harpies tuées. Le moral des troupes argannaises était au plus bas. Beaucoup d’hommes avaient péris ces trois derniers jours. De plus, on voyait déjà un nuage de poussière, probablement une armée en marche, poindre à l’horizon.

 

Bien qu’ayant subit de lourdes pertes, les troupes d’Arganne se positionnèrent avec le peu d’enthousiasme qu’il leur restait. L’armée approchait. De laquelle s’agissait-elle? Celle de la Kabbale? Celle du Poing de Fer? Celle des Von Shlaffenmark? Ce n’est que rendu aux portes que l’on su vraiment de qui il s’agissait. La morosité fut rapidement remplacée par une grande vague de soulagement. Les troupes du roi d’Ozame, Sven Aegirsson, venaient aider l’Arganne dans leur combat. Ces hommes furent accueillis comme des frères mais aussi des sauveurs. Partout, les gens voulaient serrer la main des ces nouveaux venus. Nous étions fin prêt pour l’attaque des armées impériales. Celle-ci ne se fit d’ailleurs pas attendre. Comme les éclaireurs l’avaient annoncé, s’alignaient devant Ranvier les armées de la Kabbale, de Reikswart sous les ordres du seigneur Rrha Ktah Race, l’armée des Von Shlaffenmark ainsi que l’armé du Duc Glarafel du Saint Ordre du Poing de Fer. Le bruit que firent les armées de la coalition impériale lorsqu’elles passèrent fut incroyable. La terre se mit à trembler. Cependant, les troupes d’Arganne, des Lames Gueules et du Roi Sven étaient prêtes. Puis, ce fut le choc… Le siège avait commencé. Pendant qu’une partie de l’armée s’attaquait à la tourelle, une autre partie devait se défendre contre l’armée des Lames Gueules qui les attaquait par les flancs. De part et d’autre, des hommes mouraient. Dans le tumulte de la bataille, on entendait des cris, les entrechocs des armes, les bruits des engins de siège, des cris de joie lors d’avancés spectaculaires. Nul n’aurait pu dire quelle serait l’issue de la bataille. Quand l’un avançait, l’autre reculait et vice versa. Devant la stagnation des combats, les généraux de l’alliance d’Arganne firent réunion. Vu l’urgence de la situation, ils devaient agir rapidement. Ils élaborèrent un nouveau plan. À ce moment, ils jouèrent le tout pour le tout. Chacun des généraux partirent avec leurs ordres respectifs. Le moment venu, au son du cor, toutes les troupes firent une charge commune. Les archers de la tourelle tirèrent tous en même temps. Tous les dispositifs de défense de la tourelle furent activés. Des tonnes de javelots furent lancées des remparts. L’armée des Lames Gueules fonça dans les deux flancs de l’armée adverse. Puis, ce fut la fin… De l’armée impériale, il ne restait que morts et blessés. Bien que la victoire était acquise, l’ambiance était lourde. Cette bataille était lourde en pertes. Les jours qui suivirent servirent à enterrer les morts, tant alliés qu’ennemis. Les soldats ennemis blessés furent libérés afin qu’ils retournent vers leurs maître et leur annoncent la défaite. Ainsi se terminait la bataille de Ranvier.

 

Ce n’est qu’au mois d’août que les nouvelles vinrent des autorités de la coalition impériale. Celle-ci ne pouvait que concéder la victoire aux troupes d’Arganne. C’est ainsi que l’Arganne, ce petit royaume du sud se remettant à peine d’une grande tragédie, évita l’invasion de ses territoires par le seigneur impérial de Reikwald. Maintenant que la guerre était terminée pour le royaume, les pourparlers de paix allaient pouvoir commencer.

 

Je suis fort heureux d’avoir pu exposé cette épopée faisant désormais partie intégrante de notre histoire. J’espère que l’humble scribe que je suis ait réussi à vous rendre ce récit agréable à lire. Il est important qu’on se rappelle ce que les guerres engendrent pour que jamais la mémoire des hommes qui périrent en son nom ne soit oubliée.

 

 

À qui veut l’entendre,

 

Mircadus Dorius, fils de Salsinus

Scribe de Maître Karel,

Chef des Lames Gueules et Comte Du Drake  

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Section mise à jour le 11 octobre 2008